Projet Nigua


    Déclaration de mission


   
La mission de ce projet est de procurer aux membres démunis de la population des pays en voie de développement les outils et l’éducation qui leur permettra de créer et de maintenir une micro-autonomie florissante, tout en instaurant un environnement sûr et sécuritaire au sein duquel leurs enfants pourront grandir sans la menace de prédateurs sexuels et de vendeurs de drogues.

    Introduction

    Le dilemme du monde en développement repose sur la manière de combler l'écart sans cesse grandissant entre les riches et les pauvres. Prisonniers d'un monde de corruption et d’ignorance, et d’un système judiciaire déficient, sinon totalement absent, les pauvres sont pratiquement condamnés à demeurer des travailleurs à faible salaire. Leur seul espoir semble être celui de succomber à la tentation croissante de gagner leur vie en se livrant à la prostitution et à la vente de drogues illicites. La prostitution juvénile et l’utilisation d'enfants comme « mulets » pour transporter et livrer des drogues illégales sont en hausse dans de nombreux pays en voie de développement, sinon dans la plupart d'entre-eux, exposant ainsi ces membres les plus vulnérables de notre société aux dangers associés à l’abus de substances, à la violence et l’augmentation de cas de VIH.

    Bien que les pays de l’Ouest tentent d’éliminer la prostitution juvénile et le fléau de la drogue en proclamant des lois de plus en plus sévères et restrictives, ils ignorent constamment la solution la plus simple à ce problème. La prostitution juvénile est, et a toujours été un problème de survie directement lié à la pauvreté grimpante. Un sondage mené par les Nations Unies en 1994 en Colombie a révélé qu’un enfant d'intelligence moyenne utilisé à des fins de prostitution pouvait générer des revenus équivalant à six mois de salaire d’un fonctionnaire du gouvernement, en un seul mois de « travail ».

    Le salaire minimum dans la plupart des pays en développement n’est pas suffisant pour permettre à quiconque de vivre au moins dans le plus strict niveau de confort, c’est-à-dire juste assez pour ne pas mourir de faim, en assumant que tout va bien. Pour toute personne qui se trouve dans la situation désespérante de lutter pour assurer sa survie quotidienne, la prévision d'un tel salaire dépasse la plus simple logique, et tout espoir d’évaluation raisonnable d’une telle « profession » est rapidement noyé dans une rivière « d’ argent facile ». Il en va de même pour toute autre activité illégale ou vente de narcotiques.

    Outre les risques de blessures et la transmission de maladies sexuelles, bon nombre de ces enfants se livrent aussi à l’inhalation de vapeurs de colle pour maintenir la résistance de « travailler » une journée entière. La plupart de ceux qui versent dans cette habitude, ne parviennent pas à dépasser l'âge de 16 ans; ils meurent de complications liées à l’inhalation des vapeurs toxiques contenues dans la colle.

    De tels enfants doivent posséder un fort fondement moral pour être capables de résister à la tentation de sombrer dans ce genre de vie, plutôt que de vivre honnêtement, surtout à la limite de la survie. Mais en dépit de ce fort fondement, parfois, le seul fait de tomber malade ou de constater qu’un membre de la famille a besoin d’un peu d’argent supplémentaire pour payer ses médicaments, peut faire succomber.

    Le problème dans les pays en voie de développement réside dans le fait que le nombre d'enfants qui s'enlisent dans la prostitution et dans la vente de drogues est beaucoup plus élevé que dans les pays industrialisés, qui réflexion faite, n’envisagent aucun autre moyen de s’en sortir. L’enfant canadien moyen n’est pas susceptible de se tourner vers la drogue ou la prostitution – même s’il vit dans des conditions exécrables - en raison du fait qu'il peut compter sur un système de bien-être social décent et des institutions qui l'appuient dans une certaine mesure à combler ses besoins les plus fondamentaux. Les enfants des pays en développement n’ont pas droit à ce luxe.

    Si nous procurons à ces enfants un espoir véritable et tangible et des solutions à leurs problèmes, la tentation de faire de l'argent rapidement et de sombrer dans la prostitution ou la vente de drogues sera alors moins attirante, sauf s'ils ont déjà une mentalité de criminel, comme c'est le cas dans tous les autres pays, peu importe la conjoncture économique. Si nous refusons d'agir ainsi, aucune loi anti-prostitution juvénile ou anti- drogues ne changera les choses. Nous n’arriverons peut-être pas à éliminer la demande en prostitution ou en narcotiques, mais nous pouvons à tout le moins atténuer le besoin des enfants touchés de percevoir ces choses comme étant leur seul espoir de survie. Si nous nous soucions vraiment du sort de ces enfants, et si nous sommes sincères dans notre détermination de mettre fin au fléau des abus sexuels et de la dépendance aux drogues, alors des projets comme celui-ci constituent le seul moyen de leur offrir une porte de sortie.

   Plusieurs personnes peuvent se sentir inconfortables que de tels sujets soient abordés dans la discussion de ce projet, surtout au moment de l’introduction. Nous voyons toutefois les choses différemment. Nous aimerions mentionner qu’un journal francophone de la région de Montréal a écrit dans un article paru au cours de l’hiver 2005-2006, soulignant que la République dominicaine a commencé à apparaître sur le radar de la Gendarmerie royale du Canada comme destination majeure pour le tourisme du sexe impliquant des enfants. Même si le Sida ne constitue pas une menace réelle en République dominicaine comme ce l’est en Haïti, il ne faut pas chercher loin pour se rendre compte que la prostitution juvénile n’est pas favorable à l’arrêt de la propagation du Sida.

   Ceux qui sont impatients à entrer dans la danse pour combattre la prostitution juvénile ont la fausse impression que ces enfants sont victimes de quelques pervers. Ils croient qu’ils ont été forcés à pratiquer la prostitution ou ont été kidnappés et obligés à le faire.  Malheureusement, rien ne peut être aussi loin de la vérité. En fait, la situation économique que vivent ces enfants serait la cause qui les porte à opter pour cette « profession ».

   S’il se trouve qu’un enfant canadien se prostitue, il est susceptible d'être considéré comme un fugueur ou un abuseur de drogue issu d’une famille ayant un historique de problèmes psychologiques ou autres dysfonctions héréditaires. L’enfant qui se prostitue en République dominicaine ou dans d'autres pays en voie de développement compte  malheureusement parmi la majorité des enfants qui vivent dans des bidonvilles et qui s’engagent dans cette voie pour simplement survivre. Il devrait être relativement évident que dans le commerce de la prostitution juvénile, la majorité des enfants touchés par ce fléau ne sont pas « répertoriés », et ils n’ont pas d‘autres choix.

   La seule façon de mettre fin à ces abus serait de donner à ces enfants une autre porte de sortie à cette pauvreté. La partie triste de cette situation réside dans le fait qu’ils ne sont pas forcés à agir ainsi, ni encouragés par des parents ou compères, ils le font de leur propre chef en raison de la pauvreté dont ils font l’objet. Le contrôle des pédophiles n’est pas la solution. Nous devons enrayer la source de ce problème. Si nous y arrivons, un pourcentage minime de ces prédateurs sera vraisemblablement mieux contrôlé et surveillé.

   Dans les pays en voie de développement, l’idée d’une enfance prolongée ne s’applique pas de la même manière que dans les pays du G-8. Du fait que les enfants sont perçus comme étant de la main-d’oeuvre au sein des familles et comme fournisseurs de revenus plus tard au cours de leur vie, les gens dans les pays en voie de développement les considèrent généralement, non en fonction de l’âge légal de la maturité, mais plutôt selon leur développement physique. Or, un enfant âgé de 9 ans pourrait être utilisé pour les tâches ménagères, alors qu'un enfant de 12 ans pourrait être un participant à la masse salariale. La « valeur marchande » d’un garçon de 12 ans est mesurée en force musculaire, tandis qu’une fille du même âge serait assignée à des tâches ménagères, de gardienne d’enfants ou de cuisinière. Pour ces gens le terme « enfant » s’applique aux enfants de moins de 12 ans ayant une force limitée, quelqu’un qui doit  être simplement surveillé, et n’ayant aucune valeur immédiate pour la famille.

   Pour la plupart des familles pauvres, la valeur d’un enfant peut s’accroître de façon dramatique s‘il est « employé » pour la prostitution juvénile ou comme « mulet » dans la contrebande de la drogue. Un associé d’affaires de l’un des fondateurs de ce projet a déjà mentionné avec triste sarcasme, qu’il juge la performance économique de la République dominicaine par l’âge moyen des enfants qui s’adonnent à la prostitution juvénile dans les rues. D’après lui, la performance économique est en « santé » si l’âge moyen des enfants prostitués est de 12 ans, et en mauvais « état » si l’âge moyen baisse à 10 ans. Mon associé a fait cette remarque à l’automne 2003, il a évalué la situation économique comme étant « désespérée », ayant observé que l’âge moyen des enfants du « métier » était de 9 ans.

   Malheureusement, bon nombre de ces enfants prostitués inhalent des vapeurs de colle afin de maintenir la force nécessaire pour compléter leur journée de « travail ». Il en résulte souvent des morts prématurées se situant entre 16 et 24 ans, la cause étant la l’inhalation de vapeurs toxiques de gazoline et de toluène provenant de colle industrielle.

   La prostitution juvénile a toujours été la dernière solution pour les enfants de la pauvreté. Peu importe la manière dont cette question est réglementée au Canada ou dans le reste du monde, et même si les lois anti-prostitution sont bien établies, elles ne modifient pas la réalité de ce problème. À moins que les pays fassent escorter leurs touristes par des policiers, en tout temps, aucune loi contre la prostitution juvénile votée outremer n’arrivera à contrer le problème.

    Ceux qui revendiquent vraiment le bien- être pour les enfants ou qui manifestent le  bon vouloir de se battre contre la  prostitution juvénile n’ont pas à chercher bien loin pour obtenir l’appui du présent projet pour obtenir des résultats réels et durables.  

   Alors que les médias veulent nous faire croire que des cabales obscures et secrètes, qui tirent les ficelles et opèrent des chaînes clandestines de bordels au sein de l’industrie de la prostitution juvénile, la réalité est bien différente. La vraie raison de l’existence de ce « métier » dépend des responsables de l’élaboration des politiques de pays étrangers, de nos décisions en matière d’aide économique et de notre manque de compréhension de la réalité quotidienne de ces gens.

   Veuillez noter que notre connaissance intime de cette question relève du fait que certaines des principales familles qui participent à ce projet ont personnellement aidé plusieurs enfants à se sortir de ce milieu. Ces enfants, en retour, ont fourni des détails sur la réalité du problème. Notre compte-rendu sur le sujet n’est pas assez perfectionné pour s’insérer dans le cadre d’un documentaire télévisé, mais il énonce de façon éloquente les ravages que nous avons vus de nos propres yeux.

   Les idées principales à l’appui de ce projet n’ont pas été conçues dans les salles de conférence climatisées d’une multinationale. Certains des enfants désespérés auxquels ce projet est destiné sont issus de bidonvilles du faubourg de Nigua. La ligne conductrice derrière ce projet est le vieil adage : « Si tu donnes un poisson à un homme, tu le nourriras toute sa vie, mais si tu lui montres à pêcher il se nourrira toute sa vie ». Notre approche est de construire un système d’éducation viable fondé sur un solide apprentissage tel que : deux tiers pédagogique et un tiers éducation pratique.

   Le financement pour la continuation de ce projet proviendra des efforts de sa propre économie, qui est particulièrement fondée sur le recyclage, la recherche et le développement, et l’application de solutions viables sur le plan environnemental et économique aux problèmes quotidiens. Un simple investissement unique permettra de lancer ce projet, et de le transformer en une entité autonome et prospère. En bout de ligne, il nous permettra de retenir les services d’éducateurs érudits et bien formés, et deviendra une plaque tournante susceptible d’être transportée dans divers pays qui connaissent des problèmes et conditions similaires, ainsi qu’une façon de vivre et une porte de sortie pour ceux qui ont peu d’espoir.  

   Malheureusement, nos présents modèles économiques ne semblent pas inclure l’environnement dans leur équation, or il est évident que notre approche au développement économique et social, telle que nous l’appliquons actuellement sera vouée à l’échec. Lorsque nous parlons d’écoles et d’éducation, nous envisageons larges sommes d’argent qui seront dépensées sans donner de résultats immédiats. Toutefois, l’approche du Projet Nigua décrite ci-dessous représente une véritable solution tangible à ces problèmes. Elle est fondée sur des principes sains et exploitables sur le plan de l’environnement, et constitue une initiative totalement autonome. Les solutions fournies par nos projets viendront abolir la nécessité et l’incitatif, pour ces enfants, de chercher une porte de sortie à leur situation en tombant dans le piège de l’illégalité et des activités dangereuses.

   Nous pouvons jongler avec les chiffres et les pronostics, comme bon nous semble, et nous devrons encore affronter une opposition redoutable. Toutefois, si nous pouvons mettre ce projet à l’avant, les voies de l’opposition seront forcées de se taire. Nous ne devrons plus uniquement expliquer nos rêves, nous aurons une preuve visible et tangible que nos idées portent fruit, et qu’à travers cet exemple de labeur nous pourrons éduquer ces enfants qui grandiront pour devenir des membres productifs de leur société et du monde.

    Grandes lignes du projet Nigua

   Les bases du projet Nigua ont été établies en juillet 2001 et elles ont  évolué de façon constante en une proposition complète, soit un programme de développement  économique et social autonome et viable sur le plan environnemental pour la République dominicaine. Le projet tire son nom d’un petit village situé près de Saint-Domingue. Il a été choisi comme point de départ, pour la simple raison que des fonds personnels dépassant les 50 000 dollars américains, et des efforts directs s’étendant sur une période de plus de cinq ans ont déjà été investis par les responsables du projet, qui ont jeté les bases à cet endroit.

   La plupart des fonds ont été utilisés pour couvrir les frais de déplacement et d’interprétation, ainsi que les coûts liés à de nombreux voyages effectués à « l’intérieur du pays » en vue de recueillir des renseignements sur des questions d’ordre général ayant trait au pays en question; déterminer le niveau d’éducation des habitants et vérifier la viabilité du programme de recyclage à cet endroit. Une partie des fonds ont aussi été utilisés pour améliorer directement la vie de certaines familles directement visées par le projet.

   La solution trouvée grâce l’information recueillie au cours des différents voyages s’est révélée un apport précieux et unique. Notre but ultime consiste à aider les enfants et leurs familles à toucher un revenu raisonnable tout en obtenant une éducation de qualité, tant générale que technique. L’ensemble du projet est fondé sur la création d’un environnement de soutien n’étant pas assujetti à des programmes d’intérêt particulier, comme la religion, la politique ou tout autre facteur dominant.  

   Il s’agit aussi d’une approche écologique purement verte. Lorsque nous disons « vert »  nous ne disons pas que c'est assujetti à l’idéologie du Parti Vert, mais nous référons à une compréhension commune du mot « vert », voulant que l’investissement dans des pratiques environnementales saines constitue une solution nécessaire à nos problèmes actuels et une partie vitale de notre avenir. En premier lieu, si un pays en développement ne devient pas exagérément dépendant de combustibles fossiles, il y a un  besoin moindre de contrôler les dommages qui s’ensuivent et de restaurer l’environnement. Les pays en développement consomment généralement très peu d’énergie par rapport aux pays du G-8, et si nous pouvons fournir des solutions qui n’entraveront pas à ce point les économies en évolution, nous éviterons beaucoup de problèmes au sein de ces pays.

    Problèmes et solutions

   Nous devons d’abord comprendre les nombreuses causes qui entravent tout projet de développement social ou économique dans un pays ne faisant pas partie du G-8. L’erreur la plus coûteuse que font la plupart des entreprises et organisations, c’est de prétendre pouvoir appliquer une solution de modèle de travail de style G-8 à un pays en voie de développement. Cela n’a jamais fonctionné et ne fonctionnera jamais. Pour réussir, nous devons travailler avec les outils dont nous disposons à l’intérieur de la structure des conditions et de la culture du pays dans lequel nous évoluons. Les outils dont nous parlons englobent les politiques, les méthodes et les procédures utilisées par les gens que nous voulons aider. Les gens commenceront à s’aider une fois qu’ils auront appris les normes que nous désirons et nécessitons.

   Certains des problèmes communs auxquels nous avons été confrontés au moment d’implanter une solution de style G-8 sont décrits ci-après et suivis de notre solution.

    Éducation

   Dans les pays développés, l’éducation est un produit plus ou moins normalisé et de haute qualité qui procure à l’économie une main-d’oeuvre qualifiée dans toutes les disciplines. Malheureusement, l’éducation dans les pays en voie de développement n’est en fait qu’un groupe limité d’institutions qui enseignent les rudiments de base de la lecture, de l’écriture et des mathématiques. Il en résulte donc des citoyens qui sont à peine qualifiés pour exercer des travaux manuels. Puisque nous parlerons plus précisément de la République dominicaine, nous utiliserons la situation qui prévaut à cet endroit, mais sachez qu'elle reflète aussi la situation de d’autres pays ayant des niveaux de développement similaires.

   Pour des raisons de temps et des contraintes financières, le gouvernement dominicain exige seulement quatre heures de temps de classe par jour, par enfant. Le nombre d’étudiants qui doivent passer par le système est tel qu’ils ne se présentent qu'à l’une des trois « périodes » de quatre heures de cours (matin, midi ou soir). L’éducation en République dominicaine est gratuite jusqu’en secondaire 5, mais elle est uniquement obligatoire jusqu’en 6e année (soit jusqu'à l'âge de 12 ans). On entend par « gratuit » qu’il n’y a pas de frais de cours, mais il y a d’autres frais qui incombent aux familles des étudiants. Après avoir acheté le matériel scolaire de base, les uniformes, les livres et autres articles scolaires, l’éducation d’un enfant coûte à une famille l’équivalent d’un mois de salaire, et ce, au salaire minimum par année.

   Considérant une moyenne de quatre enfants par famille, quatre mois de salaire tous les ans vont à l’éducation de ces enfants aux niveaux les plus élémentaires. Vous comprendrez qu'il est donc très tentant de retirer les enfants de l’école après la 6e année. C’est la raison pour laquelle autant d’enfants dominicains quittent l’école après avoir « passé » le niveau obligatoire de la 6e année. Les besoins d’une famille pauvre reposent sur la capacité de ses membres travailleurs pour leur simple survie. En outre, les normes d’éducation après ce niveau sont telles que le seul fait de payer des frais supplémentaires pour garder les enfants à l’école jusqu’en secondaire 5 représente en quelque sorte un gaspillage d’argent. Aucune famille pauvre ne peut se permettre le luxe de garder un enfant à l’école jusqu’à 18 ans, l’âge légal pour obtenir un permis de travail. En réalité, c’est l’absence totale de compétences vendables qui garde ces jeunes Dominicains dans un cycle sans fin de pauvreté.  

   Beaucoup d’enfants ne sont pas « documentés », c’est-à-dire qu’ils n’ont pas de certificat de naissance enregistré. Il arrive souvent que des mères pauvres ne dépensent pas les quelques centaines de pesos supplémentaires – environ 10 à 20 dollars canadiens – pour procurer un certificat de naissance à leurs enfants. Sans ce document, un enfant ne peut pas fréquenter l’école, et comme adulte, il ne peut pas non plus obtenir des papiers d’identification en règle. Il est donc non seulement exclu du processus démocratique de votation, mais il est souvent incapable de trouver du travail légal et productif. On estime qu’environ 2 millions de Dominicains ont un statut illégal, c’est-à-dire qu’une personne sur cinq dans le pays ne possède pas de papiers d’identification en règle.

   Les niveaux de soutien gouvernemental en matière d’éducation au cours des dernières années en République dominicaine ont démontré qu’il est peu probable que le gouvernement dépense des sommes additionnelles à des fins d’éducation. Veuillez lire le rapport de l’UNPD sur le statut du système d’éducation dominicain:

    « L’UNPD doute que la RD atteindra ses objectifs »  

    Les objectifs du millénaire pour l’éducation mentionne que tous les enfants qui commencent l’école élémentaire devraient compléter le cycle. Toutefois, le Programme de développement des Nations Unies doute que ce but sera atteint en RD. L’UNPD mentionne que des progrès ont été réalisés au pays, mais qu’on n’a pas réussi à garder les enfants dans le système d’éducation. Le pays avait besoin d’un investissement de 810 millions de dollars américains pour l’année scolaire 2005-2006 et de 901 millions de dollars américains pour l’année suivante. Toutefois, selon les renseignements publiés par le journal Clave, les investissements ont été de 536 millions de dollars américains dans le premier cas, et de 624 millions en deuxième lieu.  Au cours des dernières 25 années, les investissements en éducation n’a jamais dépassé les 3% du produit national brut du pays, ce qui place la  République dominicaine parmi les pays d’Amérique latine dont le budget alloué à l’éducation est le plus bas. Ces statistiques viennent même contredire la propre loi générale du pays en matière d’éducation, établissant que l’investissement minimum dans le secteur devrait représenter 4% du  PNB, tel que publié dans la journal hebdomadaire Clave. La moyenne d’éducation de base en RD est de 4,8 ans, le troisième plus bas après Haïti (2,8 ans) et le Guatemala (3,5 ans). - (Source Dr1.com - vendredi, le 1er septembre 2006).

   Un autre problème est que le système d’éducation publique qui sert présentement les pauvres de la République dominicaine est insondable.  La plupart des enseignants, sont eux-mêmes inadéquatement éduqués et formés, et sont par le fait même incapables de leur inculquer les connaissances et les compétences qui leur permettront de briser le cercle vicieux de la pauvreté.  À la lumière de ces faits, il n’est donc pas irraisonnable de penser que même si le gouvernement allouait des fonds supplémentaires à cet effet, la situation des ces jeunes gens demeurerait probablement inchangée. En raison de ces problèmes, le seul fait d’améliorer quelque peu le niveau d’éducation parmi les pauvres constitue une énorme tâche.

    Notre solution :

   La seule manière de briser ce cercle vicieux d’ignorance et de pauvreté est de prendre en considération le système que nous proposons. Il n’y a pas d’autre alternative. Le projet sera centré sur la formation et l’éducation des jeunes âgés de 12 à 18 ans. Tel que mentionné précédemment, ce groupe d’âge est extrêmement marginalisé et à risque. 

    Nous sommes totalement engagés à fournir à ces enfants et à beaucoup d’autres, de meilleures possibilités d’avancement; toutefois, la seule manière d’y arriver repose sur un système autonome accrédité mais non gouvernemental, qui nous permettra d’instaurer une plateforme d’enseignement de toutes les techniques à l’intérieur de notre entreprise. Cela ne signifie pas que les étudiants seront tenus de travailler pour nous, mais plutôt que nous les aiderons à obtenir leur diplôme et à disposer de tous les outils qui leur permettront d’accéder au marché du travail.  Puisque les enfants sont uniquement en classe pendant quatre heures et qu’ils passent généralement le reste de leur temps dans la rue à accomplir de menus travaux comme le cirage de chaussures, nous utiliserons ce temps pour leur prodiguer deux ou trois heures d’enseignement supplémentaire qui viendront complémenter la discipline dans laquelle ils étudient déjà. Les plus jeunes membres de la communauté travailleront auprès d’éducateurs en vue d’améliorer la matière étudiée dans le cadre d’une journée normale d’école; les plus âgés recevront une formation de style apprentissage dans des compétences  qui sont en demande et qui commandent de gros salaires.  

   Nous avons découvert que peu importe la condition dans laquelle se trouvent les gens de cette communauté, il y en a toujours quelques-uns qui font partie de ce que nous appelons « l’élite » et qui ont une volonté quasi obsessionnelle de se sortir du cercle de pauvreté à tout prix, alors que pour d’autres qui se trouvent dans la même situation, de tels efforts sont considérés comme étant « une tâche énorme » et ils décident de choisir la voie facile. Nous nous proposons de porter une attention particulière au groupe d’élites parmi les pauvres. Dans nos observations, nous nous sommes rendu compte du fait que où nous trouvons des « élites » parmi les enfants, nous trouvons des « élites » parmi les parents. Il est donc vraisemblable, que bon nombre des personnes employées au début seront des familles entières.  

   Ces personnes et ces familles se distinguent parmi leurs pairs et aussi au sein de leur communauté.  Elles occupent des postes de conseillers non officiels. Elles sont essentielle à notre effort visant à inciter ceux qui sont « assis sur la barrière » à faire un effort et à prendre notre option. Un pourcentage élevé de passeurs de drogue et de prostitués juvéniles appartient ces groupes, et si on leur offre l’occasion et l’appui nécessaire, ils seront heureux de troquer leur profession actuelle pour une nouvelle chance d’accéder à une vie normale.      

   Ces familles sont les piliers de notre réussite. En dépit de leur pauvreté, elles se sont distinguées des autres, grâce à leur courage et leur détermination. Elles jouent aussi des rôles de leaders et de motivateurs au sein de leur communauté.  Même si les autres enfants de leur communauté n’ont pas les moyens de continuer leur éducation, ils sont en fait encouragés à se surpasser, face à la réussite de ceux que nous avons été capables d’aider à atteindre leurs objectifs en matière d’éducation. Ce groupe central d’enfants pour lesquels le projet aura un avantage direct et immédiat sont exceptionnellement intelligents, et nous n’avons aucune raison de douter de leur réussite, si nous arrivons à mettre sur pied le système européen décrit dans le document original et sur notre site Web : http://projetnigua.org/edu2.htlm.

   Toutefois, nos étudiants n’apprendront pas uniquement un métier. Le système européen paie un salaire à ses étudiants, même si ce salaire est accordé sous forme d’allocation. Nous allons faire de même, et aussi minime que soit cette allocation, elle fera une grande différence au sein des familles de nos étudiants et apprentis. Ils seront rémunérés pour leurs efforts et exposés aux valeurs d’équité, de justice et d’égalité des chances que nous chérissons dans notre société moderne canadienne.

    Lois de protection des enfants au travail

   « La route de l’enfer est pavée de bonnes intentions ». Cette  citation ne peut être plus juste en République dominicaine. Un haut pourcentage du revenu brut du pays est généré en « Zonas Francas » (zones d’exemption de taxes de fabrication), à l’instar du système du Mexique. Le système ZF permet aux entreprises étrangères d’utiliser la main-d’oeuvre à bon marché qui est disponible en République dominicaine pour fabriquer des produits destinés à leur pays d’origine, sans avoir à payer la plupart des taxes liées à l’entreposage de marchandises, à la création de produits et surtout à l’exportation du produit final.

   La main-d’oeuvre dans les zones libres est très convoitée, car les  multinationales qui y exercent leurs activités offrent un salaire plus élevé que le salaire minimum, des vacances  payées, des congés de maternité payés et une assurance médicale.  Ces entreprises sont toutefois tenues de se conformer aux lois de protection des enfants au travail stipulées dans leurs pays d’origine, ou à tout le moins, dans l’Accord sur l’Organisation mondiale du commerce.  Elles doivent aussi respecter les strictes lois locales sur les conditions d’emploi et de renvoi.  La plupart des lois, sinon toutes, sont assujetties à une clause d’emploi inviolable stipulant « aucune personne de mois de 18 ans », qui fait aussi partie des accords en ZF, et cela constitue exactement le nœud du problème. 

   Même si ces lois ont été établies pour protéger les enfants contre l’exploitation,  les jeunes âgés de 12 à 18 ans, n’ont pas le droit de chercher un emploi qui pourrait les aider à se sortir de la pauvreté.  Malheureusement, il y a très peu d’emplois disponibles pour eux, et ils sont condamnés à cirer des chaussures ou à occuper un emploi local « au noir », sans aucune protection légale, ou pis encore, à se tourner vers la revente de drogue ou la prostitution pour générer un salaire.

    Notre solution :

    Le projet Nigua est spécialement conçu pour aider ces jeunes gens. Nous ne saurions trop insister sur le fait que l’ignorance de ce problème démographique aurait pour résultat de rendre ce projet inutile.

   Puisque notre but premier est le recyclage, le temps que passent ces jeunes gens à errer dans les rues, pourrait être consacré à deux heures d’étude additionnelles avec nous, puis à la collecte de matières recyclables.  Cette activité serait très semblable à celle des fondateurs dans leurs jeunes années, lorsqu’ils amassaient  du papier journal à des fins de recyclage, pour se faire un peu d’argent de poche. Les enfants seraient payés pour leurs efforts de collecte, à la pièce, ce qui équivaudrait presque au montant d’un salaire minimum mensuel moyen pour un travail de trois heures par jour.  Cette initiative visera particulièrement les jeunes de 12 à 18 ans, et ceux qui, en l’absence des documents appropriés ou pour toute autre raison, n’ont pas le droit d’aller à l’école régulièrement.

   Les jeunes de 15 à 18 ans seront pris en charge dans le cadre d’un programme d’apprentissage en techniques avancées.  Il en résultera des diplômés de 18 ans hautement compétents dans leur profession, qui pourront demander un juste salaire pour leurs compétences sur le marché du travail.

   Le travail de ces jeunes ne pourra jamais excéder trois heures par jour pour les enfants âgés de 12 à 14 ans, et pas plus de 20 heures pour ceux qui entrent dans la catégorie des 18 à 20 ans.  Chaque enfant sous notre responsabilité recevra une éducation de haute qualité, ainsi qu’une formation appropriée en milieu de travail qui seront assujetties à des procédures adéquates en matière de sécurité.  

    La « barrière invisible » de la pauvreté.

    Un Canadien bénéficiaire d’une aide sociale, qui a un style de vie modeste et qui n’abuse pas de substances illicites peut avoir une vie passablement confortable.  Par contre, un Dominicain qui gagne un salaire minimum, est trop riche pour mourir et trop pauvre pour vivre.  Le salaire minimum moyen pour environ 60% de la population est d’environ 3 000 dollars RD par mois (à peu près 100 dollars CAN – même si le taux de change fluctue légèrement sur une base quotidienne, le montant réel payé aux travailleurs dominicains demeure pratiquement le même).  Toutefois, il arrive souvent que des entreprises dominicaines ne paient que 100 dollars RD pour une journée de travail de huit heures comme salaire minimum. Malheureusement, toute personne qui gagne moins de 6 000 dollars RD par mois, se trouve dans une situation financière précaire, sans aucun filet de sécurité.

   Les Dominicains ne sont pas généralement « avides d’argent ».  Ils ne sont pas enclins au travail 24/7  enclins de travailler 24/7 juste pour le plaisir de posséder plus d’argent.  Un salaire équitable et l’absence de problème convient à la plupart d’entre-eux puisqu’ils priorisent la vie familiale.  Ils ne rêvent pas de posséder un grand manoir et une auto pour chaque personne.  Ils préfèrent un juste salaire, des soins de santé fiables, un avenir décent pour leurs enfants, et des fins de semaines heureuses  avec la famille et les amis.  Ils rêvent de ne plus avoir à compter chaque sous pour décider s’ils ont les moyens de se procurer certains articles. 

    Notre solution:

    Selon nos recherches, nous croyons que le salaire minimum pour la survie d’une famille de quatre personnes doit se situer entre  6 000 et 8 000 dollars RD.  Nous prévoyons offrir à nos employés un salaire minimum de 180 dollars RD pour une journée de travail de 8 heures, ce qui assurera à chaque travailleur un revenu de 3 600 dollars RD pour un mois de travail de 20 jours.  Notre expérience nous a révélé que les liens familiaux en République dominicaine sont très forts et nous nous attendons à employer plusieurs membres de chaque famille dans diverses capacités, que ce soit des travailleurs manuels à temps plein, des apprentis ou de jeunes collecteurs.  Ainsi, une famille de quatre personnes pourrait facilement générer un revenu mensuel aussi élevé que 10 000 dollars RD.  À ce stade, une famille est bien en voie de devenir indépendante financièrement et de briser le cercle de la pauvreté.

    Les nombreux bénéfices que nous offrirons à nos employés engloberont une  assurance médicale pour eux-mêmes et pour leurs familles, s’ils choisissent d’y adhérer.  Les assurances offertes en République Dominicaine sont très intéressantes et d’une portée surprenante, car elles peuvent même couvrir les grands-parents dans certains cas, ce qui pourrait représenter une grande valeur pour les familles touchées.  Une « Co-op » où les employés peuvent obtenir des aliments de base au prix du gros sera aussi créée.  Les banques Dominicaines  chargent actuellement des frais pour maintenir un compte de moins de 5 000 pesos, et elles versent des intérêts uniquement aux comptes ayant à leur actif de plus de 5 000 pesos.  En vertu de ce système, un compte bancaire pour les pauvres est hors de question.

    Un membre de la communauté Nigua a suggéré que l’on verse 5 dollars canadiens par mois pour chaque enfant d’employé dans un compte en monnaie étrangère, jusqu’à ce que l’enfant atteigne l’âge de 18 ans.  Ces petits montants, une fois accumulés dans un fonds générant des intérêts élevés, représentera un montant intéressant lorsqu’il arrivera à échéance. Un « fonds d’investissement » de ce genre devrait être pris en considération, et le cas échéant, il devra faire l’objet d’une révision des montants prévus. 

    Nous prévoyons aussi octroyer des micro-prêts en vue d’encourager les familles qui désirent exécuter pour notre entreprise de petits contrats à titre d’entrepreneurs indépendants ou encore créer une créer leur propre petite entreprise. Cette partie de notre programme permettra, à elle seule, d’améliorer le niveau de pauvreté, peu importe où nous nous établirons pour la première fois, et de créer éventuellement des douzaines de petites entreprises à la grandeur du pays.  Cette initiative servira de modèle pour jeter les bases d’une nouvelle société fondée sur l’espoir, et créer une vision pour l’avenir.  L’espoir engendre un meilleur aperçu des choses, et à court terme, la tentation de faire de l’argent plus rapidement au moyen de la revente de drogue ou de la prostitution juvénile, paraîtra moins reluisante.  Lorsque nous aurons atteint ce but, les prédateurs sexuels ne seront plus capables de trouver des victimes en  République Dominicaine.

    Énergie

    La République Dominicaine utilise 75 % de son importation d’essence pour générer de l’électricité.  Le gouvernement, les hôpitaux, les industries et le commerce du tourisme utilisent la majorité de l’électricité produite. Malheureusement, les pannes constantes de courant attribuables à des défectuosités mécaniques, au manque d’essence ou à une mauvaise gestion de la part des générateurs et des distributeurs sont si sérieuses, que même ces secteurs économiques cruciaux ne peuvent survivre en de telles circonstances. La République Dominicaine est heureusement un pays tropical, le chauffage n’est donc pas nécessaire, et il n’y a aucun risque de mourir de froid. La climatisation, par contre, est nécessaire.

    La majorité des ceux qui oeuvrent dans d’autres secteurs que ceux mentionnés ci-haut ne reçoivent que deux à quatre heures d’électricité par jour, et la plupart de ces gens ne disposent que d’une seule ampoule dans leur hutte.  Une grande partie de l’électricité résidentielle utilisée dans les maisons de familles pauvres provient d’une connexion illégale au réseau électrique.  En plus de drainer l’énergie du réseau, cette façon entraîne des dangers additionnels dus à la mauvaise installation et la violation des codes de sécurité, qui sont susceptibles de causer des blessures graves, voire la mort par électrocution dans certains cas.

    Notre solution :

    Il est plus facile de bien faire les choses la première fois plutôt que de réorganiser un désordre existant.  Nous avons un projet d’énergie alternative qui fait partie intégrante de nos objectifs à long terme; toutefois de simples générateurs d’énergie éolienne à bas prix et l’utilisation de lumières à diodes de 9 volts ou de lumières automotrices pourraient fournir de l’énergie aux gens qui en ont désespérément besoin.  La conversion à ce genre de système d’énergie permettrait de réduire immédiatement la tension sur le réseau d’énergie.  En outre, le retrait des connexions illégales au système central permettrait aussi d’assurer une distribution d’électricité plus stable dans le reste du pays et de réduire la fréquence des pannes électriques.  Par contre, ces solutions pourraient entraîner une baisse de la quantité d’essence nécessaire au fonctionnement des générateurs auxiliaires.  Nous prévoyons également construire un « édifice de réfrigération » communautaire plutôt que d’avoir un réfrigérateur dans chaque hutte, en vue d’éviter des coûts additionnels en matière d’énergie.

    Les défis du recyclage

    D’autres tentatives de recyclage en République Dominicaine ont échoué du fait qu’on n’a pas tenu compte des différences importantes qui existent entre les pays industrialisés et les pays en développement.  Une fois de plus, nous présentons une liste des problèmes les plus communs et des solutions que nous proposons.

    Tentative d’utiliser un processus de collecte fondé sur l’hypothèse que le système de gestion des déchets d’un pays en développement fonctionne de la même manière que le système utilisé dans un pays industrialisé.

   Cette hypothèse ne peut être plus loin de la vérité.  Les gros camions de collecte de déchets peuvent uniquement desservir les routes principales, et la grande majorité des matières recyclables se trouvent dans les ruelles étroites ou sur les bords de routes secondaires, ou encore dans des sites d’enfouissement illégaux. Ces sites sont régulièrement brûlés en vue d’agrandir l’espace d’enfouissement, entraînant ainsi la propagation de grandes quantités de fumée toxique et de pollution dans l’atmosphère.

    Notre solution :

    Nous prévoyons utiliser des chariots à main ou tirés par des chevaux pour accéder à ces sites, en vue d’éliminer le besoin de consommer de l’essence.  Ces petits chariots pourraient facilement amener les matières amassées à des points de service qui pourront être desservis par l’un des gros camions qui seront utilisés à cet effet. Puisque nous aiderons à réduire le nombre de sites, il y aura moins de fumée toxique.

    Utilisation d’une approche hiérarchique « descendante » par rapport à une  approche hiérarchique « ascendante »

    La plupart des dépenses de tout budget de projet dans un pays en développement sont les frais d’administration, par exemple les pots de vin et les frais artificiellement gonflés chargés aux étrangers inexpérimentés.  Si nous utilisions l’approche hiérarchique descendante, comme d’autre l’ont fait, l’investissement initial que nous demandons serait loin d’être suffisant pour atteindre notre but.

    Notre solution :

    Puisque nous avons déjà le soutien de la communauté, nous serons en mesure d’obtenir ce dont nous avons besoin à des prix raisonnables et ne serons plus tenus de verser des pots de vin ou tout autre incitatif du genre.  Une relation légitime entre notre entreprise et le gouvernement de la République Dominicaine est impérative.  Tout ce qu’il nous faut, ce sont des permis et du terrain.  Toute autre dépense sera destinée au projet et correctement comptabilisée.

    Concentration des efforts de recyclage sur les principaux sites officiels. 

    Tel que mentionné précédemment, la plupart des sites d’enfouissement sont illégaux et non visibles.  Ils ne sont donc pas contrôlés ou réglementés et représentent un sérieux risque pour la santé et pour l’environnement.  La population locale déverse presque tous les déchets liquides – incluant l’huile à moteur provenant de changements d’huile – ainsi que les déchets solides dans les rivières ou les cours d’eau les plus proches.
   
    Ce fléau est en partie attribuable au fait qu’il y a 40 ans les déchets non biodégradables étaient pratiquement inconnus.  La sensibilisation aux techniques appropriées pour disposer des déchets était inexistante lors de l’avènement des emballages sous pellicule de plastique.  Il en résulte que la  population générale ignore totalement la façon de disposer des déchets, et dans la plupart des cas, le concept de la pollution est encore méconnu. Actuellement, l’éducation environnementale consiste simplement à apprendre aux gens à garder les choses « propres », c’est-à-dire faire en sorte que les déchets ne soient pas visibles.  Malheureusement, il n’est pas mentionné qu’ils doivent être organisés correctement.  Aucune de ces questions n’a été prise en compte dans les efforts de recyclage précédents.

    Notre solution :

    Comme solution pratique, nos employés et nos étudiants commenceront d’abord à constater que tout article jeté au rebut constitue une chance de faire de l’argent, et que le nettoyage de l’environnement deviendra une possibilité majeure d’emploi à long terme pour beaucoup d’entre eux. Dans la poursuite de notre projet, les personnes qui y participent recevront une formation sur la nécessité d’instaurer des pratiques de gestion environnementale de haut niveau.  Nous leur enseignerons qu’il ne s’agit pas uniquement d’un enjeu économique, mais aussi d’une question de survie pour l’avenir de leur pays.   Nous les sensibiliserons au fait qu’ils vivent sur une île, et qu’ils ne peuvent se permettre le luxe de compter sur un surplus de terrain; que des employés éduqués élèveront des enfants éduqués, c’est-à-dire des citoyens actifs conscients du fait qu’une économie fondée sur des politiques de protection de l’environnement, représente leur seule solution réelle de survie à long terme.  La nécessité de se convertir à une économie écologique et durable s’impose pour tous les pays, or un pays en développement qui réalisera cette conversion au moyen de méthodes déjà en place, sera capable de générer des bénéfices incroyables pour l’économie du pays.

    Le profit aux dépens des gens.

    Une approche fondée sur les « résultats d’affaires » est parfaitement acceptable pour les gens qui font partie de l’économie des pays du G-8, parce que c’est ainsi qu’ils ont appris comment se font les affaires.  Tout ce que fait une compagnie est pris en compte jusqu’au dernier cent, et s’il existe une façon  moins coûteuse de faire les choses, on s’y met, quelque soit le coût humain pour l’employé.  Tout ce qui importe pour eux c’est le montant des profits à la fin de la journée.

    Pour cette raison, il devient de plus en plus courant de donner des contrats à des entrepreneurs, du fait qu’il est moins coûteux de payer un entrepreneur que de verser des salaires et des avantages sociaux aux employés.  Le travail à contrat permet évidemment d’amoindrir le coût pour l’entreprise, et de procurer des louanges, des bonus et des promotions au gens de la haute direction, mais quel en est le coût pour les anciens employés qui peuvent à peine survivre en raison du fait que l’entrepreneur ne paiera pas les mêmes salaires pour le même travail?  Cette idéologie est la cause principale des nombreuses tentatives échouées visant à mettre sur pied une organisation de recyclage en République Dominicaine. La ville de Saint-Domingue alloue actuellement environ 18 dollars américains par tonne pour l’enlèvement des déchets.  Toutefois, ce montant n’est pas remis directement au collecteur de déchets, mais plutôt à l’entrepreneur qui paie les travailleurs au salaire minimum ou moins, fauchant ainsi des millions de dollars au profit de la multinationale et de l’entrepreneur, ne laissant que des miettes au petit travailleur. C’est exactement cet abus que nous voulons éliminer.

    Notre solution :
  

    Toute personne responsable faisant des affaires dans un pays en développement doit comprendre qu’il faut « d’abord prendre les gens en considération, et ensuite les profits.»  Nous allons rémunérer les gens qui travaillent pour nous.  Un bon salaire engendre la loyauté envers l’entreprise, et cette loyauté jumelée à une réputation de veiller au bien des gens, permettra d’en recruter et d’en éduquer d’autres.  Ainsi, le pourcentage des gens au chômage sera amoindri et notre engagement fructueux à l’égard de l’environnement mènera à la création d’autres industries et entreprises.

    Utilisation de modèles de systèmes existants qui dépendent fortement de solutions automatisées efficaces.

    Beaucoup de gens d’affaires critiquent les travailleurs potentiels des pays en développement, les accusant d’être « paresseux » ou « stupides ».  Lorsque  les gens questionnent l’intelligence des travailleurs dans ces pays, leur critique est habituellement centrée sur leur incapacité d’apprendre à faire fonctionner de l’équipement automatisé et sur la destruction quasi quotidienne qui en résulte, en raison de son utilisation inadéquate. Mais très peu d’entre eux se rendent compte du fait qu’une telle « ignorance » est souvent délibérée.

    Les entreprises dans les pays en développement perçoivent l’automatisation  comme une économie de remplacement de plusieurs travailleurs par une seule machine.  L’automatisation dans ces pays se traduit par le remplacement du travail physique.  Le levage d’un sac de ciment avec un palan à chaîne ou une poulie est évidemment préférable à une opération manuelle, mais c’est le plus loin que peuvent aller certaines personnes en regard de l’implantation de l’automatisation.

    Dans une culture de désespoir, aucun Dominicain sans emploi étant en pleine possession de ces moyens n’acceptera qu’un système automatisé de 5 milliards de dollars américains exploité par une équipe de cinq personnes, qui sont probablement des spécialistes étrangers, soit implanté sur un site d’enfouissement pour faire le travail de 200 personnes.  Comme dans la plupart des pays en développement, les travailleurs feront en sorte qu’une telle machine ne survive.  Selon toute probabilité, ils trouveraient des moyens de la saboter en vue de la rendre inutilisable.

    Notre solution :

    Une machinerie de base non automatisée est facile d’entretien et suffisamment flexible pour être gérée par des employés qui satisfont aux normes actuelles en matière d’éducation.  Nous pourrons ainsi embaucher un plus grand nombre de gens et leur donner la chance de sortir de la pauvreté.  Dans la deuxième phase du projet, les concepts exclusifs des machines deviendront un article d’exportation qui servira à la mise en place de projets similaires.  Cette initiative permettra, par le fait même, de créer des possibilités d’entreprises secondaires qui assureront l’emploi d’un grand nombre des personnes compétentes qui auront été formées dans nos écoles.  

    Financement et prévisions

    La mise en oeuvre du Projet Nigua exigera l’obtention d’un investissement équivalant à 2 millions de dollars américains, que ce soit en dollars américains, canadiens ou en euros.  Malheureusement, tout le financement sollicité, ou offert par diverses industries ou entreprises, est assujetti à la condition de « pouvoir générer des profits uniquement pour les investisseurs, sans tenir compte de la population locale ». Tel que mentionné ci-haut, cette mentalité est totalement contraire à la vision du Projet Nigua, et les offres aussi alléchantes furent-elles, ont été rejetées.

    Des 2 millions de dollars demandés, nous aurons besoin de 750 000 dollars  immédiatement pour démarrer les opérations; les 1 250 000 dollars restants seront utilisés pour garantir les coûts d’exploitation et l’expansion rapide de nos objectifs futurs.  

    Nous souhaiterions, bien sûr, avoir à notre disposition la totalité des 2 millions de dollars au début du projet; nous pourrions ainsi prendre de l’expansion le plus rapidement possible et à capacité maximale.  L’obtention du montant demandé permettrait d’écourter, d’un an ou plus, le délai requis pour atteindre notre objectif.  Cependant, un investissement de départ de 750 000 dollars, constitue le minimum absolu nécessaire au démarrage des opérations et nous ne pourrons pas procéder sans avoir en notre possession ce montant minimal.

    L’investissement initial est nécessaire pour créer un programme de recyclage PET & HDPE « instantané ». Le PET est le type de plastic utilisé pour les contenants de boissons et d’aliments, et le HDPE est le produit utilisé pour les contenants d’huile, de détergents et de matières dangereuses en plus des meubles de jardin et les contenants tels les caisses de lait.  

    Les 750 000 $ seraient dépensés de la façon suivante :
       

    Au Canada :

Machinerie et équipement, permis et déplacements $ 250 000
Salaires initiaux des citoyens canadiens travaillant au projet $ 100 000

    En République Dominicaine :

Terrain, location de bâtiments, matériel et autres : $ 200 000
Salaires locaux, permis, essence, entretien, etc. $ 100 000
Fond d’urgence :   
$ 100 000
Total : $ 750 000

    Peu importe comment ils seront négociés, les 750 000 dollars demeurent le minimum requis pour démarrer le projet.

    La collecte de fonds initiale sera prise en charge par de jeunes gens à temps perdu, dans des secteurs de travail qui leur seront assignés.  En décembre 2003 nous avons démontré notre capacité de collecte en employant dix enfants du quartier âgés de 12 à 15 ans qui exécutaient cette tâche comme un « jeu ».  Aucun camion, chariot ou autre pièce d’équipement n’étaient disponibles, donc le test a été fait manuellement au moyen de sacs de collecte.  Ces dix jeunes enfants ont amassé quatre tonnes de plastic recyclable en six heures.

    En nous fondant sur cette expérience, nos projections de scénarios de collecte à temps plein, soit 30 tonnes par jour, constituent un objectif réalisable.  Plusieurs tonnes additionnelles pourraient être facilement obtenues auprès de restaurants, d’hôtels, de clubs de vacanciers et autres, qui accepteraient de s’inscrire au programme de recyclage à titre gratuit.  Nous en avons déjà discuté avec plusieurs personnes et industries dans le secteur, et ils sont prêts à y adhérer au moment où nous démarrerons le programme.

   
L’établissement de l’installation de traitement exigerait environ quatre mois et permettrait de générer des profits en moins de six mois.  Ces profits compenseraient rapidement la nécessité de devoir rembourser nos coûts à même nos investissements initiaux, et nous pourrions destiner ces fonds aux objectifs futurs de notre projet.  Les montants projetés ci-dessus peuvent servir à financer l’expansion du projet; toutefois, le fait d’avoir en réserve les 1 250 000 dollars qui restent nous assurerait une croissance constante et ininterrompue.

   
Les profits provenant du recyclage de matières plastiques peuvent être passablement importants. Nettoyé et transformé en granules, le plastic peut générer de 40 à 60 cents la livre sur le marché mondial, ou 1 100 $ la tonne.  Selon nos calculs, nous pourrions initialement produire une moyenne minimale de cinq tonnes de produits en granules par jour, ce qui représente un montant brut de 5 500 $, qui est certainement réaliste.  Ce rythme de production se traduit par un montant brut de 121 000 $ par mois pour 22 jours de travail.  N’oubliez pas que cette projection est un scénario de production minimale.  L’alimentation en rebuts de produits de plastic est totalement assurée et presque sans fin.

    Après avoir été nettoyés et transformés en granules, les produits seront vendus au prix du marché, dans le monde entier, incluant les fabricants locaux de matières plastiques en République Dominicaine.  Le profit net après dépenses peut être prudemment calculé à 30% ou 40 000 $ par mois.  Assumant l’absence d’une croissance de la production, à ce rythme de revenu, nous pourrons facilement  rembourser les 750 000 $ en moins de 24 mois.

    Toutefois, l’objectif de production de l’installation de recyclage est de traiter au moins 10 tonnes par jour, à l’intérieur du district national de Saint-Domingue – un territoire comptant plus de 4 millions dhabitants – en se fondant sur une hypothèse de récupération de plastic totale de 5 %.  À la lumière des calculs énoncés ci-dessus, dix tonnes généreraient des profits nets de 80 000 $ par mois.  Ce niveau de production serait réalisable dans la première année d’opération, et le profit obtenu pourrait être appliqué au remboursement de l’investissement initial de 2 millions de dollars, et nous permettre de nous acquitter de cette dette à l’intérieur de 10 ans, tout au plus.

    Après la période initiale uniquement vouée au recyclage du plastic, les opérations s’étendront au recyclage du cuivre, du plomb, du verre et de toute autre matière relativement facile à récupérer.  Nous pourrions aussi commencer à inclure la récupération de l
huile et d’autres liquides polluants.  Ces créneaux supplémentaires permettront d’augmenter les profits et d’ajouter à l’effort de recyclage.  Donc, considérant que nous pourrions fermer la première année avec un profit de 60 000 $ par mois, la deuxième année pourrait bien se terminer par un gain de 120 000 $ par mois ou plus.  Le projet est conçu de manière à ne jamais tomber en dessous d’une marge de profit net de 30 %. 

    Les projections énoncées ci-dessus couvrent les six mois de démarrage et les activités initiales.  Aucun objectif ne sera ajouté au projet pendant cette période.  Le projet d
apprentissage et de recyclage sera notre « moyen d’existence » et notre priorité première.  

    Gestion des fonds


    Nous avons l
intention de gérer les fonds d’investissement en vertu des méthodes comptables standard internationales et des exigences supplémentaires suivantes :
  1. Transparence financière et obligation de rendre compte
  2. Les fonds seront tirés d’un compte dinvestisseur uniquement au besoin
  3. Les intérêts courus et payés seront fondés sur des taux bancaires commerciaux internationaux.
  4. Les projections de coûts sont fondées sur le « pire des scénarios » de profits minimum. (5 % de récupération des matières recyclables)
  5. Les profits provenant du recyclage seront réinvestis immédiatement dans l’expansion progressive du projet, de manière à limiter l’utilisation des fonds d’investissement garantis.
    Buts actuels et futurs

   
Le but du programme de recyclage est de générer des profits qui permettront d’étendre les activités à d’autres régions du pays et d’investir dans les secteurs suivants :
    Objectifs futurs
  1. Production d’une énergie alternative sous différentes formes, comme l’énergie éolienne, l’énergie par force maréale, l’énergie solaire et le biocarburant. Notre but est de retirer entièrement les villages visés du réseau électrique pratiquement non fonctionnel du pays.
  2. R et D continue en vue de transformer les applications énergétiques alternatives actuelles en produits fiables qui se prêtent de façon spécifique aux conditions particulières des pays en développement. 
  3. Augmentation de divers projets de recyclage, de récupération et de mise en valeur des terres dans le voisinage des sites actuels et futurs.
  4. Franchisage des idées principales du projet en de plus petites cellules communautaires à la grandeur du pays, chacune étant vigoureusement centrée sur les groupes démunis et non scolarisés.
  5. Éducation en matière d’hygiène préventive, de gestion de ressources et de  sécurité. 
  6. Expansion du système déducation communautaire de manière à englober les étudiants du préscolaire jusqu’au secondaire.  
  7. Études intensives axées sur le transport propre, l’adaptation de véhicules à la propulsion énergétique alternative, et la production de systèmes de transport totalement modernes qui ne produisent aucune émission toxique. 
  8. Mise en place d’une micro- économie soutenue au niveau des villages.
  9. Coopération avec des groupes environnementalistes sur les plans local, national et international, incluant les échanges d’idées avec des fabricants de produits et des inventeurs de solutions qui ont à cœur le respect de l’environnement. 
  10. Création d’un solide bassin de gens renseignés et instruits. 
    Pourquoi la République Dominicaine?
    Pourquoi une implication canadienne? 
   
    Premièrement, l’un des fondateurs du projet et trois de ses principaux collaborateurs sont des citoyens canadiens.  Deuxièmement, compte tenu du traité DR-CAFTA qui est en cours d’instance, il y a une forte tendance au sein du  secteur manufacturier à devenir moins dépendant des États-Unis et de ses demandes d’intérêt particulier.  Troisièmement, il y a déjà quelques entreprises  et installations de fabrication canadiennes établies en République Dominicaine, et par conséquent, il règne à l’intérieur du secteur industriel une confiance générale et une forte tendance à vouloir faire des affaires avec les entreprises canadiennes.

    En raison des importantes relations d’affaires des fondateurs canadiens mentionnés ci-haut, un vaste pourcentage des fonds y seront dépensés.  Au début, le montant total dépensé pour l’achat des équipements auprès d’entreprises canadiennes gravitera autour de 150 000 et 200 000; ce qui inclut tout le matériel nécessaire à la mise sur pied d’un atelier d’usinage entièrement équipé, y compris deux générateurs diesel de 150 - 200 kilowatts. (Les prix sont fondés sur une cotation de prix établie par des vendeurs de machinerie de Montréal.)

    De plus, en raison de la médiocrité des normes en matière d’éducation et de formation, les codes de sécurité et les règlements vraiment efficaces et applicables sont pratiquement non existants en République Dominicaine, et ceux qui existent sont rarement mis en application avec vigueur.  Pour ces motifs, le Projet Nigua devra aussi retenir les services d’électriciens et de plombiers qualifiés ainsi que d’experts en construction pour garantir que tous les équipements sont conformes aux normes de sécurité canadiennes de l’ISO.

   
Bien qu’il s’agisse d’un projet universel dont l’objectif premier est l’éducation, en plus de répondre aux besoins de base de la population locale à cet égard, nous allons nous concentrer sur le recherche et le développement pour créer une économie verte et durable par le truchement d’activités de recyclage et l’utilisation de différentes formes d’énergie alternative.  Puisque plusieurs provinces et municipalités utilisent déjà quotidiennement bon nombre de technologies vertes, nous compterons sur le savoir et les équipements des experts canadiens en la matière.

    Le centre d’intérêt du projet en matière d’éducation sera la formation adéquate des jeunes de 12 à 18 ans, avec emphase sur les compétences de cols bleus, comme la mécanique, la fabrication d’outils, l’électromécanique, la plomberie, la soudure et d’autres compétences industrielles.  Notre but est de former des experts capables de se conformer aux normes mondiales modernes.  Pour ce faire, nous aurons besoin de l’expertise et des compétences d’enseignants et de professionnels canadiens.

    Comme la plupart de nos efforts en éducation à un niveau plus avancé seront centrés sur la recherche et le développement, nous serons en mesure d’offrir à des inventeurs canadiens qui sont actuellement « dans l’ombre », un terrain d’essai pour étendre et raffiner leur recherche, et possiblement arriver à mettre leurs projets sur le marché.  L’environnement et  les objectifs du projet seront également propices à l’échange d’étudiants et de programmes de stages.  Par ailleurs, le projet fournira un « tremplin » aux industries et entreprises canadiennes qui désirent s’établir en République Dominicaine, en plus d’ouvrir un marché direct pour l’importation de surplus d
équipements du gouvernement canadien (autobus scolaires, camions, et ainsi de suite).  En retour, les matières recyclées pourraient être acheminées directement à des entreprises canadiennes à des prix favorables.

   
La simple tentative de former ces jeunes à travailler pour nous ne leur serait d’aucune utilité à long terme, ni avantageux pour nous de fonctionner en vertu des lois Dominicaines sur la main-d’oeuvre juvénile, telles qu’elles sont. Cependant, nous enregistrerons le Projet Nigua comme entreprise canadienne exploitant sa première filiale en République Dominicaine.  Nous exigerons  l’application générale des normes canadiennes, la protection des salaires, et la couverture d’assurance médicale pour nos travailleurs, le tout adapté à la réalité Dominicaine.  


    Conclusion


    Le Projet Nigua est une approche simple, logique et novatrice à la souffrance qui prévaut dans les pays émergeants.  Il peut être mis en oeuvre dans n’importe quel pays se trouvant dans une situation similaire et adapté, après y avoir apporté quelques changements mineurs, à la culture et aux besoins spécifiques du pays choisi.  Ce projet constituera une passerelle éducationnelle essentielle pour ce pays, pendant deux, voire trois générations d’étudiants.  Une fois ce projet réalisé, nous aurons réussi à placer bon nombre de pauvres dans la classe moyenne inférieure, à leur donner les moyens de ne plus avoir à dépendre de programmes comme celui-ci pour survivre, et des outils qui leur permettront de rehausser d’eux-mêmes leur statut économique.

    Les rêves de ceux qui ont initialement fait germer ces idées sont fondés sur des évaluations précises passablement étonnantes de leur situation.  Leurs solutions émanent d’expériences vécues et sont fondées sur ce qui est véritablement possible dans la réalité de la situation des Dominicains, mais tel que mentionné  antérieurement, les détails de la mise en œuvre seront assujettis aux règlements du pays d’accueil.  Le même projet mis en œuvre au Nigeria, par exemple, pourrait différer à bien des égards dans la façon d’aborder la culture et la réalité nigérienne. 

    Nous espérons que le succès de notre approche face au développement éducationnel et social, nous permettra de devenir la norme sur laquelle d’autres programmes et projets seront mesurés.  Comme les Dominicains cherchent  actuellement des manières d’améliorer leur système d’éducation, les fondateurs de ce projet sont présentement à la recherche de moyens visant à faciliter leurs efforts, et ce faisant, ils arriveront peut-être à devenir un modèle sur lequel ils peuvent fonder les améliorations futures.

    La valeur véritable de tout système d’éducation ne repose pas sur les notes inscrites dans le bulletin scolaire de l’étudiant, mais plutôt sur la valeur pratique des chiffres qui paraîtront sur le chèque de paie de l’employé.  Si nous pouvons permettre à des étudiants d’obtenir un diplôme attestant qu’il sont adéquatement formés et hautement compétents, nous pourrons alors commencer à augmenter les normes exigées par les entreprises.  Ainsi, la République Dominicaine pourra devenir une nation de plus en plus concurrentielle sur le marché mondial.  La main-d’œuvre aidera à produire des produits de haute qualité à des prix compétitifs, et à rendre le pays progressivement indépendant sur le plan financier. 

    Les besoins pressants actuels de prendre soin de notre planète en déclin nous ont procuré une occasion unique.  On estime souvent que le nettoyage de base de cette planète pourrait exiger le travail de deux générations.  Cependant, nous devons aussi tenir compte du fait qu’une approche totalement automatisée à ce genre de nettoyage peut aller à l’encontre du but recherché pour la plupart des pays en développement.  Nous aimerions toutefois signaler les incroyables exploits réalisés, sur le plans économique et écologique, par la ville brésilienne de  Curitiba après avoir fait du recyclage, le droit exclusif des pauvres de la ville.


   
Le Projet Nigua ne suivra pas d’emblée l’exemple de Curitiba, du fait que nous n’avons pas, à ce point-ci, obtenu les engagements du gouvernement dont ont bénéficié les fondateurs de cette entreprise.  Toutefois, notre projet sera à tout le moins de même envergure, et dépassera peut-être de beaucoup ses retombées bénéfiques.  La collecte de matières recyclables n’exige pas des travailleurs particulièrement habiles.  C
est une perte de temps, dargent et dénergie détablir des systèmes automatisés de 20 millions de dollars, lorsquil y a 200 pauvres ou plus, qui peuvent faire le même travail et briser le cycle de la pauvreté.  Bien que ceci puisse sembler être une solution plutôt temporaire, les pays en développement nécessitent de telles solutions pour arriver à freiner leur enlisement, avant de pouvoir commencer à atteindre les niveaux de développement que nous connaissons.  Ils ont besoin d’être investis du pouvoir de résoudre leur plus grand problème, soit l’emploi rémunéré de leurs citoyens les plus pauvres.

    Nous devons régler ce problème pour plusieurs raisons. En voici quelques unes : la pauvreté crée des vides qui peuvent être facilement comblés par des comportements destructifs et radicaux; la pauvreté a toujours été propice à la dissidence, à la révolution et au terrorisme. Pour cette seule raison, notre projet constitue sans doute la meilleure manière d’investir 2 millions de dollars. 

   
En assumant que 100 pays ont besoin d
un tel projet, le coût total ne dépasserait donc pas le montant de 2 millions de dollars pour 100 pays, un investissement plutôt minime, considérant les bénéfices qu’ils apportent à tous et chacun. En ce qui concerne les relations publiques pour ces personnes, entreprises et entités gouvernementales qui nous appuient, l’investissement dans ce projet permettra d’obtenir une aide généreuse de bonne volonté et de générer d’importantes retombées. Quiconque nous aidera à franchir les premiers pas dans le cadre de ce projet, demeurera gagnant pour des années à venir. 

    Remarque :
Le projet Nigua est, en tout ou en partie, la propriété de l’ingénieur Raimund Johannes Wild et de ses associés Tim Graf, Daniel Thompson, Javier Ernesto Montas, Emanuel Vargas, Serge Bellmare, Mélanie Rheault et Ian Wallace.  Toutes les idées sont protégées en tout ou en partie. ©2001- 2007.


Ing. R.J. Wild, info@projectnigua.org


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